. 1 . Un dimanche avec...
Cioran dans Le Mauvais Démiurge. Pensées étranglées.
" L'anxieux construit ses terreurs, puis s'y installe: c'est un pantouflard du vertige."
. Daphnis est un pantouflard du vertige.
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. Bon dimanche

. Ink Arts.
. No Comment.
. Un zeste de Cioran.
. Avoir tout ensemble le goût de la provocation et celui de l'effacement, être par instinct un trouble-fête et par conviction un cadavre !
Cioran. Pensées étranglées
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. No Comment.
. Mémoires or not Mémoires.
. Ecrire ses Mémoires. Hum.. voire..
Je préfère lire les Journaux des écrivains que leurs Mémoires. Sauf s'il s'agit de et il faut s'appeler notamment, Saint-Simon, le Cardinal de Retz, Chateaubriand pour s'aventurer dans l'écriture de ce genre éminent. Mais au moins ils n'auront pas perdu leur temps, y captivant le lecteur tant sur la forme et le fond, qui y revient sans cesse.
De même convient-il d'avoir une plume pour tenir un Journal.
Pour autant la tenue d'un Journal est à la portée de chacun des citoyens qui grouillent et grenouillent sur cette planète. Chacun peut écrire; " Je me suis levé à sept heures. Il pleut. La petite Marie aime le couscous. Le petit chat est mort. " Pour chacun le Journal offre un intérêt à catactère multiple. C'est une pose, une respiration, la retranscription des détails et ironies de la vie quotidienne, la confection d'une collection de souvenirs. C'est un exercice d'écriture, un exutoire, une thérapie, un apaisement. Ainsi quand on relit quarante ans après les péripéties de toute nature d'une vie - quand je pense qu'il va très bientôt déjà falloir songer à préparer mes bagages pour la quitter - alors cette lecture de ce que fut sa vie devient un véritable divertissement mais à risque dès lors qu'il fait resurgir de drôles d'histoires, des visages oubliés, perdus ou abhorrés, des comportements déplorables, des loupés magistraux, des actes ratés mais aussi des séquences réussies, des ruptures douloureuses ou des amours pressentis que l'on n'a pas osé, et dont les effets persistent et vous fouillent encore.
Les Mémoires pourtant... Il est étrange que soudain je me surprenne à me dire ce matin : " Tiens j'aurais du demander à mon père jadis d'écrire ses Mémoires. J'aurais été très curieux de connaître sa vie. Il ne communiquait pas et moi je n'osais pas. Il m'en imposait, était secret, racontait peu, mais il avait une très belle écriture, et je crois un style. Dommage.
Quant à ma mère - Alain Bosquet a écrit : " Tu es morte ma mère et j'en suis soulagé " - c'était un numéro, une chieuse mais je le mentionne dans l'esprit d'une parfaite affection filiale a postériori. Mais elle m'aura bien pourri la vie, et pas que la mienne c'était une sacrée ... ben non, je ne peux l'écrire, et puis elle avait des circonstances atténuantes, très atténuantes. Elle en aurait eu des choses à raconter, le genre de femme qui suscite, provoque les histoires. Elle aurait fait le lait de " Confessions intimes ", ou de " Toute une histoire ". Je devrais bien la rencontrer à travers certains personnages de Balzac ou de Zola. Elle mérite la compassion, c'est triste de n'éprouver que de la compassion. Je ne sais si elle a retrouvé mon père, je n'y crois pas. L'un et l'autre me sont très présents avec bonheur. Nonobstant j'eusse bien aimé connaître la vie de mon père car vraiment j'en sais si peu. Ma Mère l'écriture littéraire ce n'était pas son truc.
Mais que fais-je là, pourquoi dis-je tout cela. ?... Ouf, tenons tout ça bien clos dans mon petit cahier. Quand même quelle incontinence ! je n'ai pourtant pas pris un coup de soleil comme L'Etranger, comme M.Meursault de Camus.
Parce que lui le soleil, Meursault ça ne l'a pas arrangé du tout.
Alors dois-je écrire mes Mémoires.
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. Un Digest de L'ETRANGER d'Albert CAMUS. 1 .
I
. Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.
. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron. Il n'avait pas l'air content. Je lui ai même dit: " Ce n'est pas ma faute." Il n'a pas répondu. Pour le moment, c'est comme si maman n'était pas morte. J'ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m'a dit: " On n'a qu'une mère ". Quand je suis parti ils m'ont accompagné à la porte.
L'asile de vieillard est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. J'ai pris l'autobus à deux heures. J'étais tassé contre un militaire qui m'a demandé si je venais de loin. J'ai dit " oui " pour n'avoir plus à parler.
à suivre.
. J'ai dit : " Ce n'est pas ma faute."
. Céleste m'a dit : " On n'a qu'une mère. "
. J'ai dit " oui " pour n'avoir plus à parler.
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. Laura Ô Laura.
. Laura Smet errait nue ce matin dans les rues de Paris, ivre de vin, de poésie ou de vertu.
" C'est à ma guise " chantonnait -elle.
Elle avait il est vrai au sortir de sa soirée trop bu et sans modération, trop bu d'un Baudelaire ancien, alors ne souhaitant plus soudain dans sa solitude morne sentir l'horrible fardeau du Temps qui brisait ses épaules et la penchait vers la terre, elle a demandé au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle l'heure qu'il était.
Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, lui ont répondu :
" Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas l'esclave martyrisée du Temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse ! de vin, de poésie ou de vertu à votre guise."
Ô Charles, Frédéric n'a pas su, mais toi, toi va le lui dire : " Laura Ô Laura, enivrez-vous oui mais ... avec modération ! ".
Laura Ô Laura...
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. Et avec cela on fait le fier.
Sa femme devint bientôt grosse.
L'homme aux quarante écus demanda en quel endroit était son enfant.
" Dans une petite poche, lui dit son ami, entre la vessie et l'intestin rectum.
- Ô Dieu paternel s'écria-t-il, l'âme immortelle de mon fils née et logée entre de l'urine et quelque chose de pis !
- Oui, mon cher voisin, l'âme d'un cardinal n'a point eu d'autre berceau, et avec cela on fait le fier, on se donne des airs .
Voltaire. L'homme aux quarante écus.
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